Cannes- fin juillet/début août 40. Cours de matinée. En espadrilles, tricot de marin et casquette de loup de mer. Prévert a rendez-vous avec un producteur à cigares et Reichmarks. Greven, gueule d'Allemand romantique. Alfred Greven, Continental-Films. Officine cinématographique de Joseph Goebbels. Prévert-Goebbels. Sans rapport apparent. Prévert pense aux copains, faire bosser les copains (Nénesse Wheeler, Jo Cosma, Alex, vous savez?, Trauner, le décorateur...), sur-altruiste alors qu'il est lui-même, question bectance et radis, en "rade de carbure". Piger, rencarder, tuyauter. Les copines aussi, dixit Claudie Carter qui s'emmerde à bronzer, avant d' mourir dans les draps trop blancs du Castille. Greven pense recruter malin, habile. Une proposition. Faust dans le texte. Goethe et l'art des affinités, comment dirais-je...électives. "Vous avez les moyens... une liberté totale..notre objectif: concurrencer les Américains!" Une invite à déjeuner pour finaliser. La Terrasse-sud du Grand-Hôtel. Un menu du jour. Pageot d'arrivage bien grillé. Sabayon de céleri. Crème au fenouil. Avant les grandes restrictions, faut savoir profiter. Prévert déboute, reprend sa route avant de saluer. Répartie. Jubilation. Il ajoute:

- Vous avez déjà perdu! Parce que vous n'avez pas de Juifs avec vous (...) Voyez Hollywood! On ne fait pas de cinéma sans eux...

Les deux hommes se quittent. Greven acquiesce. Prévert sifflote. Un salut d'la main sans même se tourner. Ah oui...j'oubliais! Contacter "Pauvrecé" ou Aurenche. Ils auront du monde pour vous! Cela dit...même confession sans concession. J'en vois deux! Un Juif de Bulgarie qu'on appelle Riri dans l'milieu. Il a ses entrées chez Berthomieu et marche bien avec Chenal comme assistant-réal'. L'autre, c'est Jipé Dreyfus.. faites gaffe, un Coco de première passé par l'Espagne et la clique de Vaillant-Couturier. N'en faites pas vot'chat noir...Me sauve
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire